Voici quelques années, j’ai commencé à explorer l’univers magique (et commercial) des marchés de Noël. Et je ne m’en lasse pas.

À l’heure actuelle, j’en ai visité une dizaine dans différents pays d’Europe. Dans cet article, je présente les principaux… et surtout mes favoris.

Comme vous le verrez, chaque marché de Noël a une ambiance qui lui est propre, et le petit quelque chose qui le distingue des autres. Bon, parfois c’est globalement nul, mais en général ça a son charme.

Voici un plan pour vous aider à vous y retrouver :

Petites précisions :

  • la plupart du temps, j’ai visité ces marchés il y plusieurs années. Dans un souci d’honnêteté, je précise donc à chaque fois l’année où j’y ai fait un tour pour la dernière fois ;

  • je ne parle pas des marchés riquiquis (comme celui d’Agen) ou ceux que j’ai visités il y a trop longtemps pour avoir autre chose que des souvenirs flous (Paris).

Allez, maintenant, place à la magie ! Et à la critique.

 

Mes marchés de Noël favoris

Marché de Noël de Berne (2017)

Vue sur Berne enneigée

Vue sur Berne. Le genre de paysages qui me donnent envie d’écrire frénétiquement tellement c’est beau et inspirant.

Parmi tous ceux que j’ai vécus, le marché de Noël de Berne m’a paru le plus magique. Après, c’est totalement subjectif. Il faut dire que je suis tombé amoureux du centre historique de Berne, qu’il a neigé à plusieurs reprises, et qu’un marché de Noël germanique aura toujours un charme fou à mes yeux.

Notez que les Suisses bernois sont germanophones, mais que quelques-uns parlent bien français (et bien entendu l’anglais).

Les plus :

  • le centre-ville ;
  • le froid (oui, car le froid donne envie de boire du vin chaud, et avec un peu de bol, il neigera) ;
  • plusieurs petits marchés de Noël répartis au cœur de Berne, pour une magie garantie.

Les moins :

  • ça finit par faire cher le vin chaud. Parce qu’il fait quand même très froid, surtout si vous vous baladez à découvert à cause du vent.

Marché de Noël de Munich (2016)

Père Noël en Lego à Munich

Parmi les belles surprises de Munich, voici le Père Noël en Lego…

Bienvenue à l’un des marchés de Noël par excellence. Les origines de la légende. L’incontournable. Le… OK, vous avez compris l’idée.

Le marché de Noël de Munich (ou, si vous préférez, son Weihnachtsmarkt) rassemble plusieurs micro-marchés très sympas, chacun ayant sa propre thématique.

Si vous vous éloignez du centre-ville, et donc des marchés de Noël, le froid peut devenir insupportable à la tombée de la nuit. Il sera alors temps de vous réfugier dans la brasserie la plus réputée de la ville : la Hofbräuhaus.

Les plus :

  • la Feuerzangenbowle. Un nom barbare pour une sorte de vin chaud (mais en plus élaboré) que les serveurs allument au chalumeau. Oui, c’est complètement dingue, et c’est pour ça que c’est mythique ;
  • les marchés de Noël répartis dans tout le centre-ville, chacun avec ses spécificités : personnages de crèches, Feuerzangenbowle, etc. Et puis la petite patinoire ;
  • les boissons ne sont certes pas données, mais on vous les sert dans de vraies tasses (contre caution), ce qui n’altère pas le goût. Et puis, ça a plus de classe que des gobelets en plastique ;
  • le groupe de musique qui jouait des classiques en pleine rue.

Les moins :

  • beaucoup de monde par endroits… mais ça se justifie. D’autant que malgré beaucoup d’étrangers, le marché de Noël de Munich est relativement épargné par le tourisme de masse ;
  • de mémoire, le vin chaud tournait autour des 4 ou 5€ ; quand il fait très froid et que l’on passe le plus clair de sa journée dehors, ça commence à faire beaucoup. Mais bon, Munich est réputée pour être l’une des villes les plus chères d’Allemagne, alors il ne sert à rien de se plaindre…

Marché de Noël de Vienne (2016)

Marché de Noël viennois

Avec le marché de Noël de Vienne, c’est la grande classe.

Vienne, capitale mondiale de l’opéra (mon grand regret est de ne pas en avoir profité) ; grande ville qui n’est pas sans charme et qui prend la question du Weihnachtsmarkt très au sérieux.

Le marché de Noël de Vienne étend son empire sur toute la capitale. Les chalets sont situés aux points stratégiques de la ville. Certains marchés ont un vrai charme… D’autres sont juste magnifiques, comme devant le Rathaus.

Les plus :

  • la multiplicité de marchés dans toute la ville, pour des ambiances assez variées : secteurs touristiques de la ville, dans des parcs…
  • les animations (projections murales, grande patinoire, etc.) ;
  • les Autrichiennes.

Les moins :

  • trop cher, peut-être ? En même temps, ça semble indissociable de la culture germanophone…

Marché de Noël de Bratislava (2016)

Marché de Noël Bratislava

L’un des marchés de Noël de Bratislava. Petit, mais charmant.

À environ une heure de Vienne en car (vive FlixBus), vous pouvez visiter la petite capitale slovaque. J’y suis allé de jour, pour une ambiance de village adorable.

Les plus :

  • le marché de Noël de Bratislava a un charme monstre : c’est mignon, c’est tranquille. On a vite fait le tour, mais… on a vite envie d’en refaire le tour. Une capitale à l’échelle beaucoup plus humaine que Prague ou Madrid.

Les moins :

  • c’est petit, quand même. Jamais content, pas vrai ?

 

Mes déceptions

Marché de Noël de Genève (2017)

Le marché de Noël genevois ? Quel marché de Noël ? Ah, oui, la dizaine de chalets là-bas ! Voilà.

Les plus :

  • la « fête des lumières » de Genève est assez sympa à voir. Pas aussi spectaculaire que celui de Lyon, mais moins touristique, et il se fondait de façon plus naturelle dans la ville.

Les moins :

  • le marché de Noël de Genève est très petit. Même si je me soupçonne d’avoir manqué le gros de la fête : j’ai cru voir un marché de Noël intérieur dans un bâtiment près du fleuve, fermé au public. Peut-être était-il en préparation, qui sait ;
  • quant à la ville elle-même : le centre historique était sympa mais vite visité ; le reste n’est guère intéressant, sachant que les abords du fleuve étaient pratiquement déserts, essentiellement fréquentés par les dealers, et quelques prostituées. Preuve que les Genevois n’allument pas que des feux de cheminée en décembre.

Marché de Noël de Madrid (2017)

S’il y a bien un marché de Noël qui ne m’ait pas paru authentique, c’est celui du centre-ville madrilène. Le visiter après ceux de Berne ou de Lyon a constitué un véritable choc.

Sur la Plaza Mayor, les chalets vendaient soit des gadgets en plastique, soit des santons… Bon, je ne suis pas fan des crèches ni rien, mais au moins les santons étaient à leur place : par contre, des jouets pour gosses en plastique !!… Et je ne parle pas des vendeurs à la sauvette hurlant « Barato, barato, barato ! » (= pas cher, pas cher, pas cher !). J’ai eu l’impression d’être propulsé dans un parc touristique de Mexico City.

Les plus :

  • les illuminations, particulièrement réussies ;
  • un « mercadillo navideño » international à l’écart du centre-ville de Madrid, c’est-à-dire avec des spécialités culinaires des quatre coins du monde. Il n’était pas mis en valeur, ce qui avait un avantage : contrairement en centre-ville, on pouvait y circuler en toute quiétude.

Les moins :

  • la foule. LA FOULE, QUOI ! Pourquoi toutes les familles se sont-elles retrouvées avec leurs poussettes ? hein, pourquoi ?
  • les chalets de la Plaza Mayor et son ambiance commerciale.

Bref. Pour profiter du marché de Noël de Madrid, il faut fuir à tout prix le centre-ville en soirée ; cependant, si vous souffrez d’insomnies, allez vous balader autour de la Puerta del Sol, juste pour la déco.

 

Et d’autres marchés de Noël

Marché de Noël de Prague (2016)

Marché de Noël de Prague

Marché de Noël de Prague : comme vous voyez, c’est beau mais… bondé.

Celui-là, j’ai hésité à le mettre parmi mes préférés. Je garde un très bon souvenir des artistes venus de plusieurs pays qui chantaient tandis que je m’abreuvais de vin chaud. Il y avait même une chorale française chantant : « L’eau ne fait rien que pourrir le poumon. »

Ce qui m’a principalement gêné, dans le marché de Noël de Prague, c’est la densité de population. Je me sentais parfois écrasé.

Il faisait si froid que j’ai enchaîné vin chaud sur vin chaud. Heureusement que c’est moins cher qu’à Munich ou Vienne… Par contre ça donnait envie d’aller aux WC assez souvent. Et il faut les trouver, leurs WC.

Avec moins de touristes, plus de WC et une température un peu supérieure, ç’aurait été parfait.

Les plus :

  • les animations ;
  • plusieurs petits marchés en périphérie du grand marché central de la place Staroměstské náměstí, et moins bondés ;
  • la ville elle-même, son château, le fleuve, ses prix accessibles, voire ses habitants.

Les moins :

  • la foule dans le marché de Noël ;
  • les gobelets recyclables : certes c’est écolo, mais le vin est moins goûteux. On regrette les cautions pour de vrais tasses des marchés germaniques.

Marché de Noël de Toulouse (2019)

Le petit marché de Noël toulousain est surtout intéressant pour manger et boire. Une fois passé les barrières de sécurité plus symboliques qu’efficaces, on se retrouve vite plongé dans la foule. Petit, certes, mais dense.

Les plus :

  • pas mal de chalets sur le Capitole, qui par ailleurs est une très belle place ; les Toulousains vous rabâcheront occasionnellement les oreilles à ce sujet.

Les moins :

  • trop fixé sur la place du Capitole, et on en a vite fait le tour ;
  • pas beaucoup de variété en dehors de la nourriture, du vin chaud et des bijoux ;
  • le dispositif de sécurité casse un peu l’ambiance. Mais comment y échapper aujourd’hui ?

En fin de compte, si vous êtes dans le coin, il s’avère plus intéressant de visiter le marché de Noël de Blagnac. Concentré au cœur de la ville, il propose des artisans variés, des tables pour manger, des illuminations sympas notamment sur la place de l’Église, et des animations… certes, celles-ci sont particulièrement destinées aux enfants, mais à Blagnac c’est habituellement le cas des activités organisées par la mairie. Par exemple, les gosses peuvent se faire prendre en photo avec le Père Noël : vous en saurez plus sur ce que je pense du barbu par ici.

Le marché de Blagnac est somme tout beaucoup plus varié et authentique que celui de Toulouse. Il faut dire que grâce à Airbus et consorts, ils ont aussi plus de moyens. Seul inconvénient (à part les poussettes partout) : la durée de vie de ce marché est très courte, seulement 5 jours à la fin novembre…

Marché de Noël de Bordeaux (2018)

Le marché de Noël bordelais est plus grand et indubitablement plus beau que celui de Toulouse, grâce à ses chalets en bois. Le manège en plein milieu des allées de Tourny gâche un peu le paysage, mais bon on a vite fait de le contourner.

Cependant, moi qui n’aime pas passer par les contrôles de sécurité (d’autant qu’on me trouve parfois une gueule de terroriste, tout ça parce que j’ai un centimètre de barbe), je regrette les marchés où l’on peut aller et venir à son gré. C’est peut-être pour notre protection, m’enfin on s’y sent un peu enfermé quand même. Le charme y perd au final.

Les plus :

  • entre les chalets eux-mêmes et les bâtiments entourant le marché, c’est indéniablement beau ;
  • comme c’est assez grand, y’a du choix.

Les moins :

  • le contrôle de sécurité à l’entrée du marché. Bon, ça décourage peut-être certains, alors du coup c’est plus facile d’y circuler.

Marché de Noël de Lausanne (2017)

Lausanne est une ville pleine de surprises. De fait, je n’avais pas la moindre idée de ce à quoi elle ressemblait avant d’y mettre les pieds (comme la plupart des villes que j’ai mentionnées dans cet article). Sa position en flanc de montagne, la répartition de ses chalets un peu partout, le raccourci que j’ai pu prendre par un musée gratuit et captivant (pour une fois qu’un musée m’intéresse), quelques curiosités architecturales m’ont fait garder de bons souvenirs.

Et puis, le marché de Noël de Lausanne est assez sympa.

Les plus :

  • la vue sur la montagne en face ;
  • la ville et son relief accidenté valent également la peine. Ah, et puis un musée de science naturel gratuit ;
  • des rues animées, des chalets répartis à plusieurs endroits de la ville.

Les moins :

  • un peu sale et pas mal de circulation aux abords du marché de Noël principal de Lausanne, qui n’est pas placé dans le secteur le plus esthétique de la ville. C’est le moins qu’on puisse dire.

Marché de Noël de Lyon (2017)

J’ai eu du mal à trouver le marché de Noël de Lyon, ayant parcouru la moitié de la presqu’île de Confluence pour ça. Au final, il ne se trouvait pas dans le quartier le plus intéressant de la ville, mais il était centré : il s’étendait au pied de la gare de Perrache.

En prime, vous avez même la Fête des Lumières. Euh, évitez le vendredi ou le samedi soir. Afin de profiter au mieux des animations, allez-y à la fin du festival, quand tous les touristes sont partis. Et , vous prendrez votre pied.

Les plus :

  • assez grand, et il y a du choix en termes de nourriture et vin chaud. À la longue, vous allez croire que je ne pense qu’à boire.

Les moins :

  • pas le plus esthétique ; il me semble que c’est notamment à cause de la Fête des Lumières ;
  • beaucoup de monde – même si la Fête des Lumières (oui, encore elle) n’y était sûrement pas pour rien.

Conclusion : un marché de Noël parfait ?

J’ai l’impression que plus on s’éloigne de l’Allemagne, plus il faut s’attendre à être déçu.

Difficile en tout cas de trouver le marché de Noël parfait, surtout quand on est exigeant comme moi. Ou direz-vous, aussi chiant que moi.

À quoi il ressemblerait, ce marché de Noël idéal ?

Voici mes critères :

  • qu’il soit éparpillé dans la ville, en sorte qu’on puisse tomber dessus par hasard ; ça participe à la magie du marché de Noël ;
  • de l’animation mais pas trop : qu’on puisse circuler facilement, et éviter les familles et touristes envahissants ;
  • une ambiance authentique, pas commerciale : donc oui à la bouffe et aux boissons chaudes, oui encore aux objets artisanaux et de qualité, ou dans la thématique de Noël, de la nuit, de l’hiver et tout ça, et non aux jouets en toc ; des chalets idéalement en bois ;
  • un centre-ville porteur d’une histoire multiséculaire ;
  • qu’il fasse un peu froid, ne serait-ce que pour mieux savourer le vin chaud. Mais pas trop non plus, hein, on n’est pas masos. Enfin, pas moi.

Quelqu’un connaîtrait un marché de Noël possédant ces caractéristiques ? Ou au moins une bonne partie ? Je suis preneur !