La France post-contemporaine a tant popularisé ce mot qu’on l’entend sous toutes ses formes. Mais d’où vient-il ? Que signifie-t-il ? Et d’ailleurs, dit-on « la » ou « le » schmeul ?

 

Origines

Dans La Fabuleuse Histoire du (ou de la) Schmeul (2058), l’éminent Patrick Brouette n’hésite pas à parler de « l’un des plus grands mystères linguistiques de notre époque ». De fait, retracer les origines de ce mot n’est pas une mince affaire.

L’écrivain Hervé Lunard serait le premier à l’avoir employé. Son roman Et d’autres le préfèrent froid (2051) dit ainsi :

M. Richter est incontestablement un homme qui aime les schmeuls.

Le mot revient à plusieurs reprises dans son œuvre, et il a vite été adopté par la population française. Cependant, ça ne facilite guère la compréhension de ce terme, étant donné qu’il est employé dans des contextes très différents.

De nombreux linguistes, et pas des moindres, se sont penchés sur la question. Après plusieurs mois de recherches opiniâtres et de débats vigoureux, voici en sont leurs conclusions.

  1. Ce mot n’a pas de genre. En clair, on peut dire « le » ou « la » schmeul. Peu importe. Bien que l’usage favorise légèrement le féminin, globalement, on s’en fout.
  2. Ce terme est peut-être grossier. Ou peut-être pas. On n’en sait rien. Inutile, donc, de gronder vos enfants parce qu’ils prononcent ce mot en votre présence. Hervé Lunard est certes réputé pour son niveau de langue parfois vulgaire, mais rien n’indique que la « schmeul » le soit aussi.
  3. Étymologiquement, là aussi, ça reste aussi un mystère.
  4. En revanche, on a enfin une réponse sur la signification du mot. Si tant est qu’il signifie vraiment quelque chose, et qu’il ne s’agisse pas d’un canular linguistique. Selon le contexte, le (ou la) schmeul peut être synonyme de beu, merde, cul, cafard ou tulipe mauve.

Il va de soi qu’Hervé Lunard a été contacté à maintes reprises afin d’avoir son opinion sur la question. Il n’a jamais daigné répondre. Guère surprenant : après Romain Sollil, Lunard est considéré comme l’auteur français le plus mystérieux de la décennie.

 

Usages

Voici des exemples d’emploi du terme « schmeul » :

  • « Beurk, une schmeul ! »

  • « Pauvre schmeul. »

  • « Oh, la jolie schmeul ! »

  • « Pssst ! T’as du schmeul ? »

  • « Sainte Schmeul » (variante française de « Holly shit »)

  • « J’ai mal au schmeul, pas toi ? »

De plus en plus, on utilise même le verbe « schmeuler » (souvent dans un emploi proche de « foutre »). Ou même l’adjectif « schmeulant » ; mais ça, en revanche, personne ne sait très bien ce à quoi ça correspond. Et encore moins faire le lien avec une tulipe mauve.

Pour en savoir plus sur la schmeul dans le sens de « merde », lisez cet article.

 

Énième indice d’une « novlangue », ou au contraire contre-attaque populaire contre l’Académie française : ce mot n’a pas fini de faire entendre de lui. Ni de répandre la schmeul.