Quel est votre moyen de transport préféré pour aller de ville en ville ? Covoiturage, train, car, avion ou auto-stop ?

J’ai tout testé. Et le gagnant est : le car ! Je vous explique pourquoi.

Avant tout, juste un petit éclaircissement linguistique : bien qu’on parle de plus en plus de « bus » pour désigner le car (ou « autocar »), ce sont deux choses différentes. Les autobus, c’est ce que vous prenez le matin pour aller au taf, et où vous pouvez rester debout pendant tout le voyage. Les cars, en revanche, ne comportent que des places assises.

Du coup, si on était un Français anti-anglicisme bête et méchant, on dirait « Blablacar » au lieu de « Blablabus », et « Blablabagnole » au lieu de « Blablacar ».

Mais entrons donc dans le vif du sujet :

 

Pourquoi pas le covoiturage, le train ou l’auto-stop

Vous l’avez noté : le titre de cet article se focalise surtout sur le car et l’avion. Ça me paraissait intéressant de comparer ces deux modes de transport radicalement différents et dont l’usage est très répandu dans un grand nombre de pays.

Et le reste, alors ?

Le train

C’est sûrement le moyen de transport le plus confortable. Les sièges sont convenables, les gares ferroviaires sont généralement en centre-ville, vous avez des WC à bord (heureusement, parce que les toilettes à 70 centimes de la gare, non merci), vous avez le choix entre plusieurs types de train (l’imbattable TGV, l’Intercités, et les Ter pour les gens du peuple comme moi). Last but not least, en cas d’incident technique, et même en cas de grève, la SNCF vous propose toujours une alternative en bus. On arrive quand on arrive, mais au moins on ne se retrouve pas comme des abrutis sur le quai en attendant un train fantôme. Même si l’on n’est pas toujours informés en temps et en heure.

Parfois, vous avez même des prises pour brancher votre matos.

Alors, pourquoi pas le train ?

Parce que c’est souvent plus cher. Bon, nuançons. Ces dernières années, la SNCF vend des tickets à un prix exceptionnellement bas, dont le trajet Agen-Toulouse à 1€ ; mais mieux vaut s’y prendre à l’avance.

Et ceci n’est pas forcément valable à l’étranger : en Suisse, comme il n’y a pas de car, il faut prendre le train et ce n’est pas donné ; quant au Mexique, on m’a expliqué que les trains sont ou bien pour les riches, ou bien pour le transport de marchandises. Et j’ai consulté les tarifs du Transsibérien, et ce n’est pas pour moi.

Malgré tout, j’aime le train, et beaucoup de mes arguments en faveur du bus fonctionnent aussi pour ce mode de transport.

Le covoiturage

C’est le moment de lancer notre fameux : « C’était mieux, avant. » Notez que mon expérience avec le covoiturage se résume à Blablacar (Blablabagnole, quoi). Le covoit’ entre potes, c’est différent, et c’est carrément bien. En plus, si la voiture est pleine, ça ne sera pas forcément moins écolo que le bus.

Concernant Blablacar, cependant (la seule plateforme de covoiturage que j’aie testé), ce n’est plus ce que c’était. En clair, les trajets sont de plus en plus chers. La raison ? Allez savoir : augmentation du prix de l’essence, abus de la part de certains chauffeurs qui ont oublié l’esprit du covoiturage… à moins que Blablacar ne leur suggère des tarifs plus élevés pour toucher une commission plus importante ?

Quoi qu’il en soit, je n’utilise presque plus cette option.

Auto-stop

Là, ça va aller très vite. J’ai fait de l’auto-stop à deux reprises : une fois en Irlande, et une autre fois en Écosse. Ça dépanne, surtout sur d’assez courtes distances, et par temps de pluie (un million de mercis à la gentille famille écossaise qui m’a accepté en chemin sur l’île de Skye).

Cependant, ça reste un peu galère, surtout quand, comme moi, on n’aime pas abuser de la bonne volonté des gens (c’est pour ça que je n’utilise presque jamais Couchsurfing, d’ailleurs). D’ailleurs, dans certains pays, il paraît qu’on vous demande de payer pour qu’on vous prenne en stop.

 

Du coup, le grand débat se fera entre l’avion, moyen de transport (trop ?) populaire, et le car qui semble avoir le vent en poupe.

 

Car vs avion

Travaillant dans un hôtel situé près d’un aéroport, je suis bien placé pour connaître certains problèmes liés aux avions. En tête de liste : bagages perdus, grèves, annulations de vols pour des raisons techniques ou météorologiques.

Le car a aussi ses inconvénients : retards plus fréquents, le chauffeur qui se perd dans une ville qu’il ne connaît pas, et durée du voyage parfois interminable ; ceci dit, c’est une question d’habitude. Et ses avantages, selon moi, compensent largement ses défauts.

1) Le car est souvent moins cher.

Je précise : souvent. Parce que c’est loin d’être toujours le cas. Si seul le fric vous intéresse, Madrid-Toulouse peut vous coûter une bagatelle en avion, à se demander comment ils font pour gagner de l’argent. Même si l’arrivée de FlixBus a changé un peu la donne.

Si vous prenez l’avion, n’oubliez pas que vous devrez ensuite emprunter les transports en commun pour vous rendre en centre-ville. À Toulouse, vous êtes au centre-ville en moins d’une heure pour seulement 1€70, mais à Lyon ou à Rome, ça coûte plus cher.

Et je ne parle même pas du coût des bagages : si vous êtes chargés, il vaut carrément mieux opter pour le car.

2) Le car est plus écolo.

Précisons que tout un tas d’études ont été réalisées sur cette question. Selon le nombre de personnes, leur chargement, la distance, le modèle du véhicule, les conditions de fabrication et une multitude de critères, la bonne solution n’est pas toujours évidente. Il arrive par exemple que l’avion soit considéré comme plus écolo que la voiture. Cependant, normalement, de ce point de vue-là, le car constitue une bonne solution, d’autant que des compagnies comme FlixBus (encore eux !) font de gros efforts en la matière.

3) Vous découvrez du pays.

Certes, les autoroutes ne sont pas ce que l’Homme a fait de plus élégant, mais vous passerez aussi par des villages sympas ou des centres-villes touristiques. Je garde ainsi de bons souvenirs de Prague, des forêts enneigées d’Autriche, des côtes irlandaises et des petites routes pyrénéennes.

En plus, vous arrivez progressivement à destination, ce qui rend le voyage plus magique. En autocar, vous méritez vos vacances. Tandis qu’en avion, vous partez de la France et vous arrivez brusquement à Marrakech deux heures plus tard, et c’est perturbant.

Après, la Terre vue du ciel, ce n’est pas mal non plus. À condition d’être côté hublot.

4) L’avion ne vous fait pas toujours gagner du temps…

ou pas tant que ça. Pour un vol qui dure deux heures, vous devez être à l’aéroport environ deux heures avant. Le temps de vous rendre à l’aéroport de départ puis, une fois à destination, d’aller en ville, comptez deux à trois heures supplémentaires en moyenne. Encore une fois, les Toulousains sont chanceux, mais Londres-Heathrow ou Paris-Charles-de-Gaulle ne sont pas à côté. Quant à Paris-Beauvais, n’en parlons même pas.

Ce qui fait six à sept heures, dont beaucoup trop de temps à s’enquiquiner dans les transports en commun ou à passer les contrôles de sécurité. En car, au moins, vous pouvez arriver vingt minutes avant le départ.

5) Les bagages.

En car, vous pouvez transporter plus de choses, et, surtout, vous apportez ce que vous voulez. D’accord, peut-être pas une Kalach, mais votre canif, des bouteilles de vin, des produits toxiques d’une capacité de 125 ml, bref, le bonheur.

Et puis, vous vous embêtez nettement moins pour l’enregistrement.

C’est bien connu, un vol low-cost peut ne plus être si low-cost dans le cas où vous auriez un bagage un peu trop gros.

Ah : et vous n’aurez pas de soucis avec des valises bloquées à l’aéroport de Francfort, ou parties pour Copenhague au lieu de Lisbonne. Et ça arrive plus souvent qu’on ne le pense.

6) Les annulations.

D’abord, les assurances coûtent moins cher si vous prenez le car. Avec Ouibus, vous pouvez même annuler gratuitement jusqu’à une certaine date (plus exactement, on vous fait un avoir).

Je n’ai encore jamais eu de problèmes de grève avec les compagnies de bus. Le service est donc beaucoup plus fiable. Les avions sont également plus dépendants de la météo. Essayez donc d’atterrir avec une visibilité presque nulle et de fortes bourrasques, pour voir.

7) Le car est souvent plus convivial.

Tout dépend de la personnalité du chauffeur. Parfois, il fait juste son job. J’en ai vu un qui était particulièrement désagréable. Cependant, il m’est arrivé d’avoir affaire à un type absolument prodigieux. Tel « Gégé », conduisant pour Blablabus, qui nous racontait des blagues et a terminé sur une tentative de Karaoké.

En avion, même avec un personnel sympathique, on n’a pas les mêmes rapports. Ne serait-ce qu’à cause du nombre de passagers et le cockpit qui nous sépare des pilotes.

 

Bonus : comment s’occuper en car

Le car révulse particulièrement les personnes qui ont facilement le mal de voiture. J’en connais qui ont mal au ventre dès qu’elles commencent à lire. C’est problématique, surtout si vous devez rester assis une journée entière, avec pour tout loisir de courtes pauses d’une fréquence aléatoire. Ceci étant dit, en général, on s’y habitue.

De fait, le car, c’est génial. Vous pouvez lire, dormir (n’oubliez pas votre oreiller gonflable, voire un cache-yeux et pourquoi pas même des boules Quies), travailler sur votre ordi ou regarder un film, envoyer des textos à votre copin(e) pour prétendre que tout va bien et que vous l’aimez, regarder le paysage, discuter avec le voisin s’il a l’air de s’emmerder aussi, réfléchir au sens de votre existence, planifier la suite de votre voyage, réviser vos cours ou votre vocabulaire si vous partez à l’étranger, manger (ce n’est pas toujours autorisé, cependant, surtout si votre repas est odorant), chercher la définition de « psychomaïeuticien » sur Internet, ou encore jouer au solitaire, démêler un casse-tête, ou même rouler vos clopes pour la prochaine pause.

Avec tout ça, un trajet de dix heures filera comme une flèche. Pour tout vous dire, j’ai régulièrement l’impression que le voyage dure trop vite.

Alors, qui est de la #TeamBus comme moi ?