On se lève le matin, on déjeune à midi, on se couche le soir : sauf quelques exceptions, dont les réceptionnistes de nuit comme moi, les fêtards, les insomniaques, les Musulmans en plein Ramadan et les hiboux, voilà le résumé très schématique de beaucoup de nos journées.

Les Nocturnes, eux, se lèvent en fin d’après-midi, déjeunent à minuit et se couchent le matin. Mais ce rythme de vie inversé n’est que l’une de leurs particularités. Qui sont-ils vraiment ?

 

Histoire lapidaire des Nocturnes

Le mouvement nocturne (alias « Mounoc ») naît à la toute fin des années 40, suite à la parution du premier roman de Romain Sollil, Les Ombres du Soleil (2048). Certains verront ce chef d’œuvre de fantasy moderne comme un livre prophétique – mais ceci est une autre histoire.

Au début des années 50, le mouvement prend de l’ampleur, au point d’atteindre les 7% de la population française en 2060. Dans le monde, on estime leur nombre à 100 millions à la même date.

Quant à savoir comment ce courant s’est formé précisément, comment il en est arrivé à un tel succès, il s’agit d’un mystère que des théories diverses et souvent farfelues embrument plus qu’elles ne l’expliquent. Non, le fait que plus de gens vivent la nuit n’est pas la preuve d’une invasion vampire.

 

Identité des Nocturnes

Plus vraisemblablement, les premiers Nocturnes étaient des geeks enthousiastes et idéalistes. S’inspirant vaguement de l’œuvre de Romain Sollil, ils rêvaient de construire un monde nouveau, respectueux de l’humanité et de la nature. Cependant, à force d’entendre des critiques et moqueries de la part de proches ignorants, ils ont décidé qu’ils allaient le construire, ce monde nouveau. Un peu comme les vegans avant eux, mais de façon beaucoup plus rationnelle.

Avec le temps, le mouvement s’est divisé en plusieurs sous-catégories (Noctécolos, ombrilistes, Shadonistes, néo-panthéistes, etc.). Pour l’instant, toutefois, je vous épargne les détails. Entre altermondialistes et fanatiques religieux, les Nocturnes sont aussi variés que les exceptions à une règle grammaticale française. Parfois rivaux, s’unissant régulièrement pour mieux défendre leurs idées, ils rassemblent en fait plusieurs modes de pensée radicalement distincts.

 

Jusqu’où ira le « Mounoc » ? L’avenir nous le dira. En tout cas, son influence continue de s’étendre année après année. Mode de vie et philosophie à part entière, le mouvement nocturne se révèle de plus en plus comme la seule alternative au désastre où nous conduit la société solaire.