… et aussi (surtout ?) un défaiseur de rois. Car on ne reste pas roi bien longtemps avec George R.R. Martin 😉

Quelques mots sur l’un des écrivains les plus suivis du XXIe siècle.


Pour inaugurer cette catégorie, j’ai décidé de m’intéresser à George R.R. Martin, le célèbre auteur de la saga du Trône de Fer (A Song of Ice and Fire), adaptée pour le petit écran avec Game of Thrones. Le Time l’a rangé parmi les personnalités les plus influentes de l’année 2011. Il faut dire que, si ses personnages gouvernent un royaume, lui règne sur un empire de fans. Et qu’à chaque nouvelle saison, c’est la folie sur le net.

La fin de la série Game of Thrones (largement décriée, et même un peu trop) n’a fait que confirmer une chose : elle a beau être cool, elle n’a que rarement réussi à atteindre le niveau du « Tolkien américain ». Que ce soit au niveau de l’intrigue, de l’univers, ou de la philosophie derrière.

 

Qui est George Martin

Une vie, une œuvre

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George R.R. Martin au Comic Con de San Diego en 2013 (photo de Gage Skidmore).

GRRM (pour les fans), fils d’un père docker, est né en 1948 au New Jersey. Il vit aujourd’hui dans l’état de New Mexico, à Santa Fe.

Il a commencé à écrire très jeune. Pendant la guerre du Vietnam, il a été objecteur de conscience (refus d’effectuer son service militaire). Devenu journaliste dans les années 70, il a également supervisé des tournois d’échecs pour une association. Puis, dans les années 80, il travaille pour Hollywood en tant que scénariste de télévision. Quelques années après, il en a assez : son imagination se trouve trop contrainte, en particulier par les questions de budget.

Peu à peu, l’idée d’une trilogie, puis d’une longue saga s’installe en lui. Là, il pourra enfin créer des décors, des batailles gigantesques. Cela deviendra A Song of Ice and Fire (souvent raccourci en ASOIF ou ASIF chez les fans) – Le Trône de Fer en français. Le premier tome sort en 1996. Quatre suites sont parues depuis. Et ce n’est pas fini.

Plusieurs de ses livres ont reçu des récompenses, outre les volumes du Trône de Fer.

Mes recommandations de lecture

J’ai pu lire plusieurs de ses écrits. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que sa célèbre saga de fantasy n’est pas la seule œuvre martinienne qui mérite votre attention. Quelques exemples :

  • son roman Riverdream (Fever Dream en VO) : une histoire de vampires qui fait un peu songer au film Entretien avec un vampire (paru en 1976, soit six ans plus tôt), car tous les deux se basent dans l’atmosphère de la Nouvelle-Orléans (une partie tout au moins). Néanmoins, on trouve déjà la patte de Martin : univers sombre, mêlant mystique et rationalisme, avec un sens aigu de la psychologie. Un bon roman ;
  • Le Voyage de Haviland Tuf (en anglais : Tuf Voyaging), 1986 : cette fois, de la SF comme on l’aime. Un monsieur quelque peu misanthrope, qui adore les chats, se retrouve seul aux commandes d’un immense vaisseau de guerre aux pouvoirs considérables. Il voyage de système en système et rend de menus services contre rémunération. L’histoire est prenante ; on s’attache au personnage et on adhère à l’univers. L’un de mes coups de cœur ;
  • Martin a également écrit de nombreuses nouvelles, versant généralement dans la SF ou l’horreur. On trouve tellement de compilations qu’il est difficile de recommander un recueil en particulier. En revanche, parmi les nouvelles, je suggère Le Volcryn (Nightflyers, qui a été adapté à la télé), l’histoire d’une expédition spatiale qui prend une tournure horrifique ; Les Rois des sables (Sandkings), où un riche capricieux s’offre des insectes ressemblant à des fourmis, mais en plus fascinantes ; ou encore Dans la Maison du Ver (In the House of the Worm), une quête angoissante dans les profondeurs d’une planète mourante.

 

Quelques questions sur… son nom

Voici un extrait d’interview traduit par mes soins, qui en dit un peu plus sur son nom (et ses influences littéraires) :

« Pourquoi avez-vous décidé d’inclure le double « R » pour votre nom d’artiste ?

Le premier « R » vient du prénom de mon père, Raymond, et le second est pour Richy, un nom qui est venu avec ma Confirmation. Et oui, avant que vous ne me le demandiez, j’ai été élevé catholique pratiquant, bien que ça fasse longtemps que je ne pratique plus. D’autre part, je voulais le double « R » pour mon nom d’artiste parce que George Martin est un nom très commun. Il existe même plusieurs George Martin qui sont célèbres ; j’ai donc décidé d’ajouter le double « R » pour me différencier des autres.

C’est curieux… Tolkien aussi était « R.R. » Tolkien…

[Rires] J’ai lu Tolkien alors que j’avais douze ans à peu près, et il m’a tellement impressionné que je ne me lasse pas de le relire. En fait, alors que j’étais gosse, j’ai envisagé d’envoyer une lettre à M. Tolkien, mais finalement je ne l’ai pas fait. Je le regrette à présent, d’autant plus depuis que je sais que Tolkien lisait pratiquement toutes les lettres qu’il recevait. Mais Tolkien n’a pas eu une influence directe sur moi quand j’ai décidé d’écrire Le Trône de Fer. Et ce, bien que mes livres appartiennent au genre de la fantasy que Tolkien a améliorée. Je veux dire par là que la fantasy est très ancienne. On peut la trouver dans l’Illiade ou dans l’épopée de Gilgamesh ; mais Tolkien en a fait un genre moderne. Le Trône de Fer partage certains de ces modèles, mais pas tous. Par exemple, je cherche à donner à voir une Fantasy plus sale, plus crue que celle de Tolkien. »

 

(Article écrit pour mon ancien blog, « De mondes et d’autres », en 2014 ; mis à jour en décembre 2019.)

Sources :

  • blog de George R.R. Martin ;
  • Wikipédia (parce qu’on est humain et que Wiki, c’est bien, quand même) ;
  • interview par un blogueur catalan, Adrià Guxens (2012).

Pour en savoir plus sur George R.R. Martin, vous pouvez jeter un œil à cette interview de Featherfactor.com : elle s’intéresse notamment à ses goûts littéraires.

Je fais une compilation de plusieurs interviews dans d’autres articles – sur le thème des personnages du Trône de Fer, sur la question du scénario et, enfin, sur la création de l’univers que l’on connaît.